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Faux-mouvements

Ce peut-être maladroit,mais il arrive qu’un faux-mouvement soit le début de quelque chose de merveilleux. Une rencontre qui fait basculer votre vie . Vous bousculez une jolie femme sans le faire exprès , vous vous confondez en mille excuses. Elle vous trouve charmant, touchant même, elle engage la conversation, vous prenez un café dans le bistrot d’à coté.Un an plus tard vous l’épousé. Ce faux-mouvement devient alors un beau-mouvement. Tout est relatif, comment un a priori tout banal peut se transformer en quelque chose de merveilleux. Une personne maladroite , l’intérêt que l’on va lui porter est souvent un brin amusé. On a du mal à la prendre au sérieux. Mais en fait se sont ces personnes là, qui sortent de l’ordinnaire qui nous interpellent. De faux-mouvement en faux-mouvement elles vont déréglées l’ordre établi, nous faire prendre une autre route, un nouveau destin.

J’extrapole un peu beaucoup, mais combien de faux-mouvement, de chose provoqués par inadvertance sont à l’origine de grandes  avancés.

C’est pourquoi quand je peins j’emploie des mouvements désordonnés ,des grands coups de couteaux, en me disant que ces traits gauches et maladroits sont le prélude à une nouvelle histoire. Ils m’entraînent vers de nouveaux rivages,comme une bouteille jetée à mer qui ne sera peut-être jamais débouchée.

L’effet papillon, un petit grain de sable déplacé à mille lieues de là et ta vie s’en trouve changée à tout jamais…

mouillage

Mes nus

J’ai toujours eu du mal à accepter mon dessin, mes traits, ma représentation du nu. Mais les femmes me disent que elles, elles aiment ma façon de les représenter. Que je les touche, çà me touche à moi aussi. Jean Cocteau disait qu’ il fallait cultiver sa différence. Alors maintenant je me lâche, je laisse aller mon intuition. En quelque sorte je donne toute liberté à ma personnalité de vagabonder sur le papier. Souvent je me sens maladroit mais j’ai besoin de dessiner comme çà, je sais au fond de moi qu’il faut me laisser aller à donner sans compter ce que mon expérience, mon ressenti , ma relation avec la femme a forgé au fond de mon être.

Pourquoi sur une pose douce comme celle-ci j’ai besoin d’ajouter des traits électriques, comme si je fouettais le modèle. Alors que la respecte et que je l’aime en tant que mère, femme et amante sûrement l’être le plus humain d’entre les hommes. Peu-être que certaines d’entre elles mon fait si mal et qu’inconsciemment je venge des douleurs et des cicatrices qu’elles m’ont fait subirent .

FEMMES JE VOUS AIME

Mais peu-être est-ce aussi de la frustration  de ne pouvoir vous posséder, vous étreindre,et toutes vous satisfaire.

FEMMES JE VOUS AIME

Je vous ai beaucoup fantasmé.

FEMMES JE VOUS AIME

Sur le papier, je vous rêve plus je ne vous dessine. Je vous transforme je vous sublime.

FEMME JE VOUS AIME

Mon fusain n’est ni plus ni moins qu’un sexe qui parcours votre corps de caresses plus au moins fortes qui traduisent les désirs les plus intimes qui sûrement me tressaillent et rejaillissent sur la feuille immaculé

du feu d’artifice final représenté par ces traits nerveux vous découpant de par en par comme si mon plaisir assouvi s’épanchait sur la femme tant désiré.

Bon je m’excite tout seul, mais il doit y avoir un peu de tout çà aussi. Le sexe n’est sans doute pas la seule raison qui m’attire . Il y a biensûr l’envie , la recherche de la mère, de celle qui m’a enfanté, qui a fait de moi l’homme que je suis. Ce sont aussi ce genre de questions que l’on se pose , lorsque je peins une femme je ne peu m’empêcher de penser à la maman qu’elle est ou qu’elle sera. C’est pour moi primordial , j’attache beaucoup d’importance à la maternité. En premier lieu aux seins nourricier, souvent je les exagère un peu ,comme si je voulais qu’ils nourrissent le plus d’enfant possible. Qu’il y en ai pour tous , aujourd’hui c’est régalade, tout le monde mangera à sa faim.

A TOI MAMAN QUE J’AIME

A VOUS TOUTES MAMANS DU MONDE

A TOUTES LES FEMMES

Je dédie mes dessins et peintures avec amour et respect.

 

Mes maitres mes amis…

Je l’ai déjà dit souvent , ce qui m’a fait dire très jeune que je serais peintre c’est une oeuvre de Vincent van Gogh : « l’église à Auvers sur Oise ». Ce n’est pas un tableau au premier abord facile. Une église toute torturé, un ciel menaçant, une femme le dos tourné, deux chemins de part et d’autre de l’église. Mais voilà moi j’ai tout de suite été touché par cette oeuvre, j’ai vu dans cette représentation ce qu’allait être ma vie future. Des chemins à prendre, peu importe lequel, puisqu’ils  se rejoignent derrière l’église. Et quand fin de compte ils me mèneraient l’un comme l’autre à la peinture. Je l’ai toujours su. La vie romanesque de Vincent m’a toujours fascinée. Je pensais qu’il fallait qu’il paye son talent immense au prix fort. Non pas par sadisme de ma part, mais que tous, sur cette terre, on héritait d’un côté pile et d’un côté face. Le bonheur on le reçoit par petites touches et son pendant néfaste devait aussi nous accabler qui que l’on soit. A bien des égards j’étais un fataliste et acceptais bon gré mal gré les aléas de la vie.

A  20 ans c’est Dali qui m’a pris par la main, j’étais subjugué par ce peintre surréaliste et particulièrement par sa façon de distendre le temps dans ses tableaux. Les montres molles par exemple donnait une relativité certaine (pour moi) à ce que l’on vivait au moment passé, présent ou futur. Donc la peinture me donnait à réfléchir. Et avec Salvador c’est pas du facile, j’ai eu du mal à tout décripter. Je confesse qu’aujourd’hui j’ai pas encore tout compris.

Puis vînt le temps ou je les ai  tous jeté aux orties, je me suis renfermé, la mort de mon père quelques années plus tôt prenait toute la place dans mon esprit. J’allait me consacrer au collage et chercher au plus profond de moi ce qui me faisait si mal. L’alcohol , la drogue, le travail  seront pendant des années la prison de ma sensibilité et je faisait souvent référence à Kafka, j’ouvrais une porte et je me retrouvais devant une autre, encore plus compliqué à ouvrir.Je n’acceptait pas d’être aidé, j’étais trop fier.

Puis c’est la maladie , la crise cardiaque , ma chance de tout remettre à plat. J’étais encore vivant et je me disais qu’il fallait que je saisisse cette deuxième chance à bras le corps. Je commençais par prendre des cours de peinture à l’huile avec le peintre catalan Françesco Vilaplana Esteve . Pendant un an et demie je le rejoignais tout les mercredi chez lui près de Lusignac. Et revenais à mes premiers amours Vincent van Gogh, Claude Monet, Paul Cézanne, Pierre Auguste Renoir et bien d’autre peintres impressionnistes que j’allais scruter, dévorer des yeux, copier, aimer , adorer. Pendant cinq ans j’étudiais sans le savoir ce qui fera ma peinture plus tard. Entre temps j »ai repris le travail, mais après bien des harcèlements, un burn out, et la mort de Nathalie il était temps de me consacrer entièrement à la peinture et à l’éducation de mes enfants. Il fallait que je survive et je puisais dans la peinture la force et l’énergie de continuer.

Mes maîtres et amis ont étés d’un grand secours, aujourd’hui j’aime les peintres contemporains que sont Jouenne, Lefranc, Bouisssou,Kervinec,Surin, Fontaine, Cenac….

Je peins ma vie comme me peins ma destiné, et je l’espère pleine de couleurs chaudes et chatoyantes…