Archives par étiquette : Philippe Debat

Mes nus

J’ai toujours eu du mal à accepter mon dessin, mes traits, ma représentation du nu. Mais les femmes me disent que elles, elles aiment ma façon de les représenter. Que je les touche, çà me touche à moi aussi. Jean Cocteau disait qu’ il fallait cultiver sa différence. Alors maintenant je me lâche, je laisse aller mon intuition. En quelque sorte je donne toute liberté à ma personnalité de vagabonder sur le papier. Souvent je me sens maladroit mais j’ai besoin de dessiner comme çà, je sais au fond de moi qu’il faut me laisser aller à donner sans compter ce que mon expérience, mon ressenti , ma relation avec la femme a forgé au fond de mon être.

Pourquoi sur une pose douce comme celle-ci j’ai besoin d’ajouter des traits électriques, comme si je fouettais le modèle. Alors que la respecte et que je l’aime en tant que mère, femme et amante sûrement l’être le plus humain d’entre les hommes. Peu-être que certaines d’entre elles mon fait si mal et qu’inconsciemment je venge des douleurs et des cicatrices qu’elles m’ont fait subirent .

FEMMES JE VOUS AIME

Mais peu-être est-ce aussi de la frustration  de ne pouvoir vous posséder, vous étreindre,et toutes vous satisfaire.

FEMMES JE VOUS AIME

Je vous ai beaucoup fantasmé.

FEMMES JE VOUS AIME

Sur le papier, je vous rêve plus je ne vous dessine. Je vous transforme je vous sublime.

FEMME JE VOUS AIME

Mon fusain n’est ni plus ni moins qu’un sexe qui parcours votre corps de caresses plus au moins fortes qui traduisent les désirs les plus intimes qui sûrement me tressaillent et rejaillissent sur la feuille immaculé

du feu d’artifice final représenté par ces traits nerveux vous découpant de par en par comme si mon plaisir assouvi s’épanchait sur la femme tant désiré.

Bon je m’excite tout seul, mais il doit y avoir un peu de tout çà aussi. Le sexe n’est sans doute pas la seule raison qui m’attire . Il y a biensûr l’envie , la recherche de la mère, de celle qui m’a enfanté, qui a fait de moi l’homme que je suis. Ce sont aussi ce genre de questions que l’on se pose , lorsque je peins une femme je ne peu m’empêcher de penser à la maman qu’elle est ou qu’elle sera. C’est pour moi primordial , j’attache beaucoup d’importance à la maternité. En premier lieu aux seins nourricier, souvent je les exagère un peu ,comme si je voulais qu’ils nourrissent le plus d’enfant possible. Qu’il y en ai pour tous , aujourd’hui c’est régalade, tout le monde mangera à sa faim.

A TOI MAMAN QUE J’AIME

A VOUS TOUTES MAMANS DU MONDE

A TOUTES LES FEMMES

Je dédie mes dessins et peintures avec amour et respect.

 

Mes maitres mes amis…

Je l’ai déjà dit souvent , ce qui m’a fait dire très jeune que je serais peintre c’est une oeuvre de Vincent van Gogh : « l’église à Auvers sur Oise ». Ce n’est pas un tableau au premier abord facile. Une église toute torturé, un ciel menaçant, une femme le dos tourné, deux chemins de part et d’autre de l’église. Mais voilà moi j’ai tout de suite été touché par cette oeuvre, j’ai vu dans cette représentation ce qu’allait être ma vie future. Des chemins à prendre, peu importe lequel, puisqu’ils  se rejoignent derrière l’église. Et quand fin de compte ils me mèneraient l’un comme l’autre à la peinture. Je l’ai toujours su. La vie romanesque de Vincent m’a toujours fascinée. Je pensais qu’il fallait qu’il paye son talent immense au prix fort. Non pas par sadisme de ma part, mais que tous, sur cette terre, on héritait d’un côté pile et d’un côté face. Le bonheur on le reçoit par petites touches et son pendant néfaste devait aussi nous accabler qui que l’on soit. A bien des égards j’étais un fataliste et acceptais bon gré mal gré les aléas de la vie.

A  20 ans c’est Dali qui m’a pris par la main, j’étais subjugué par ce peintre surréaliste et particulièrement par sa façon de distendre le temps dans ses tableaux. Les montres molles par exemple donnait une relativité certaine (pour moi) à ce que l’on vivait au moment passé, présent ou futur. Donc la peinture me donnait à réfléchir. Et avec Salvador c’est pas du facile, j’ai eu du mal à tout décripter. Je confesse qu’aujourd’hui j’ai pas encore tout compris.

Puis vînt le temps ou je les ai  tous jeté aux orties, je me suis renfermé, la mort de mon père quelques années plus tôt prenait toute la place dans mon esprit. J’allait me consacrer au collage et chercher au plus profond de moi ce qui me faisait si mal. L’alcohol , la drogue, le travail  seront pendant des années la prison de ma sensibilité et je faisait souvent référence à Kafka, j’ouvrais une porte et je me retrouvais devant une autre, encore plus compliqué à ouvrir.Je n’acceptait pas d’être aidé, j’étais trop fier.

Puis c’est la maladie , la crise cardiaque , ma chance de tout remettre à plat. J’étais encore vivant et je me disais qu’il fallait que je saisisse cette deuxième chance à bras le corps. Je commençais par prendre des cours de peinture à l’huile avec le peintre catalan Françesco Vilaplana Esteve . Pendant un an et demie je le rejoignais tout les mercredi chez lui près de Lusignac. Et revenais à mes premiers amours Vincent van Gogh, Claude Monet, Paul Cézanne, Pierre Auguste Renoir et bien d’autre peintres impressionnistes que j’allais scruter, dévorer des yeux, copier, aimer , adorer. Pendant cinq ans j’étudiais sans le savoir ce qui fera ma peinture plus tard. Entre temps j »ai repris le travail, mais après bien des harcèlements, un burn out, et la mort de Nathalie il était temps de me consacrer entièrement à la peinture et à l’éducation de mes enfants. Il fallait que je survive et je puisais dans la peinture la force et l’énergie de continuer.

Mes maîtres et amis ont étés d’un grand secours, aujourd’hui j’aime les peintres contemporains que sont Jouenne, Lefranc, Bouisssou,Kervinec,Surin, Fontaine, Cenac….

Je peins ma vie comme me peins ma destiné, et je l’espère pleine de couleurs chaudes et chatoyantes…

On est rarement maître de ses émotions.

Petit coin de baignade au lieu dit Salles entre Tocane -St-Âpre et St-Victor en Périgord. J’ai beaucoup souffert pour peindre ce tableau. Pourtant c’est le genre que j’affectionne le plus. La partie basse avec l’eau et ses reflets, je me souviens que je n’arrivais à être satisfait. Je suis parti de l’endroit pas content, mais pas content du tout. Je pestiférais sur ma façon de peindre, que j’étais loin de maîtriser mon travail. Tout était bon à jeter. Quelques semaines plus-tard j’avais une vision toute différente de mon tableau et j’ai compris que c’était parce qu’à ce moment là je n’acceptais pas ce que m’offrait la nature et je ne voulais pas me satisfaire de ce qu’elle était. Pourtant c’est toujours le même tableau que je peins sur la Dronne. Voyez plus tôt.

L’artiste n’est pas une machine, une photocopieuse, son émotion toute entière est partie prenante de son oeuvre. Sa sensibilité est exacerbée à chaque instant. Il n’est pas maître de ses émotions, mais au contraire l’esclave de celles-ci. Mais un esclave du type Benhur dans mon cas.  Je cherche à les libérer du carcan conventionnel dans lequel on essai de les cantonner. Je les transforme, les malaxes, les tritures, les découpes avec mon couteau assoiffé de couleur.

A chaque instant de mes créations en plein air il peut se passer quelque chose d’inattendu et c’est souvent ce qu’il va faire le sel de l’oeuvre. Un exemple parmi tant d’autre, lorsque je peins une rivière ou un petit étang, il arrive souvent qu’un poisson saute au dessus de l’eau. Je suis à chaque fois surpris mais ne manque pas de noter l’endroit sur la toile. C’est une émotion de surprise qui va me faire prendre une direction différente dans l’élaboration de mon tableau. Ce petit moment de surprise enmène par la même de la vie sur ma toile. Un passant un peu trop curieux ou bavard, un cri d’enfant, le vent qui se lève, ou un nuage qui passe, tout ceci n’est qu’émotion qui va se trancrire au fil de mes coups de couteaux ou de pinceaux.

Ici c’est le vent, un vent à décorner un boeuf comme on dit chez nous!!!

Hé bien non seulement j’ai voulu le retransmettre au spectateur, mais en plus lors de l’exécution de celui-ci  j’étais en proie à une grande agitation, car le vent insufflait en moi une énergie peu commune. J’était moi aussi partie de la nature et peignait au rythme des rafales de vent.

 

Voilà un tableau avec une jolie petite  histoire qui s’y raccroche. C’était à l’été 2010 nous étions en vacance dans un gîte prés de LIMOUX. Tous les après-midi je partais en voiture avec mes deux petits chiens TOGO et BASKET à la recherche d’un paysage à peindre. Ne connaissant pas le pays j’allais au fil du ruban vers un point de vue magique, comme à mon habitude!!!! Et là la route n’en finissait plus de monter jusqu’à un cul-de-sac. J’étais arrivé dans une ferme et plus qu’à faire demi-tour. Mais une personne m’interpelle et me demande ce que je cherchais. « Un coin pour peindre » lui dis-je. « Arrêter tout, vous avez trouvé, c’est ici! »

En effet ce Monsieur me fît entrer dans sa ferme, passer derrière les granges et les  maisons et un spectacle granduose s’offrait à moi : les Pyrenées .Je m’installais à l’ombre d’un amendier et passa l’après-midi à peindre.

Monsieur Lapeyre propriétaire des lieux était un homme affable , communicatif, positif et surtout viticulteur. La blanquette de Limoux, s’en doute la meilleure du monde c’est chez lui qu’il faut la déguster!

Quel moment j’ai passé là!

Quelle belle rencontre!

Quels beaux souvenirs!

Merci Monsieur Lapeyre pour ce moment d’humanité et de convivialité. Je peu vous dire que les deux caisses de blanquettes que j’ai prise , je les ai partagé avec des amis et je n’ai pas manqué de parler de cette belle journée d’aout 2010 d’une fraternité mémorable. Mon tableau est intitulé « Vue de chez Monsieur Lapeyre », mais j’aurais pu dire aussi « Ressentis de chez Monsieur Lapeyre ».

QUEL BONHEUR