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On est rarement maître de ses émotions.

Petit coin de baignade au lieu dit Salles entre Tocane -St-Âpre et St-Victor en Périgord. J’ai beaucoup souffert pour peindre ce tableau. Pourtant c’est le genre que j’affectionne le plus. La partie basse avec l’eau et ses reflets, je me souviens que je n’arrivais à être satisfait. Je suis parti de l’endroit pas content, mais pas content du tout. Je pestiférais sur ma façon de peindre, que j’étais loin de maîtriser mon travail. Tout était bon à jeter. Quelques semaines plus-tard j’avais une vision toute différente de mon tableau et j’ai compris que c’était parce qu’à ce moment là je n’acceptais pas ce que m’offrait la nature et je ne voulais pas me satisfaire de ce qu’elle était. Pourtant c’est toujours le même tableau que je peins sur la Dronne. Voyez plus tôt.

L’artiste n’est pas une machine, une photocopieuse, son émotion toute entière est partie prenante de son oeuvre. Sa sensibilité est exacerbée à chaque instant. Il n’est pas maître de ses émotions, mais au contraire l’esclave de celles-ci. Mais un esclave du type Benhur dans mon cas.  Je cherche à les libérer du carcan conventionnel dans lequel on essai de les cantonner. Je les transforme, les malaxes, les tritures, les découpes avec mon couteau assoiffé de couleur.

A chaque instant de mes créations en plein air il peut se passer quelque chose d’inattendu et c’est souvent ce qu’il va faire le sel de l’oeuvre. Un exemple parmi tant d’autre, lorsque je peins une rivière ou un petit étang, il arrive souvent qu’un poisson saute au dessus de l’eau. Je suis à chaque fois surpris mais ne manque pas de noter l’endroit sur la toile. C’est une émotion de surprise qui va me faire prendre une direction différente dans l’élaboration de mon tableau. Ce petit moment de surprise enmène par la même de la vie sur ma toile. Un passant un peu trop curieux ou bavard, un cri d’enfant, le vent qui se lève, ou un nuage qui passe, tout ceci n’est qu’émotion qui va se trancrire au fil de mes coups de couteaux ou de pinceaux.

Ici c’est le vent, un vent à décorner un boeuf comme on dit chez nous!!!

Hé bien non seulement j’ai voulu le retransmettre au spectateur, mais en plus lors de l’exécution de celui-ci  j’étais en proie à une grande agitation, car le vent insufflait en moi une énergie peu commune. J’était moi aussi partie de la nature et peignait au rythme des rafales de vent.

 

Voilà un tableau avec une jolie petite  histoire qui s’y raccroche. C’était à l’été 2010 nous étions en vacance dans un gîte prés de LIMOUX. Tous les après-midi je partais en voiture avec mes deux petits chiens TOGO et BASKET à la recherche d’un paysage à peindre. Ne connaissant pas le pays j’allais au fil du ruban vers un point de vue magique, comme à mon habitude!!!! Et là la route n’en finissait plus de monter jusqu’à un cul-de-sac. J’étais arrivé dans une ferme et plus qu’à faire demi-tour. Mais une personne m’interpelle et me demande ce que je cherchais. « Un coin pour peindre » lui dis-je. « Arrêter tout, vous avez trouvé, c’est ici! »

En effet ce Monsieur me fît entrer dans sa ferme, passer derrière les granges et les  maisons et un spectacle granduose s’offrait à moi : les Pyrenées .Je m’installais à l’ombre d’un amendier et passa l’après-midi à peindre.

Monsieur Lapeyre propriétaire des lieux était un homme affable , communicatif, positif et surtout viticulteur. La blanquette de Limoux, s’en doute la meilleure du monde c’est chez lui qu’il faut la déguster!

Quel moment j’ai passé là!

Quelle belle rencontre!

Quels beaux souvenirs!

Merci Monsieur Lapeyre pour ce moment d’humanité et de convivialité. Je peu vous dire que les deux caisses de blanquettes que j’ai prise , je les ai partagé avec des amis et je n’ai pas manqué de parler de cette belle journée d’aout 2010 d’une fraternité mémorable. Mon tableau est intitulé « Vue de chez Monsieur Lapeyre », mais j’aurais pu dire aussi « Ressentis de chez Monsieur Lapeyre ».

QUEL BONHEUR

Nature morte à la lampe…

Une lampe qui n’a pas servie depuis bien longtemps, elle me vies de ma maman. J’ai voulu dire qu’elle était celle qui toujours nous avait guidée. Trois pommes pour trois garçons et deux clémentines pour deux filles, notre fratrie. La boite à sucre bleue c’est peu-être mon père qui est au ciel…

Un peintre compulsif…

C’est surement vrai, quand le démon de la peinture me prend, ou tout simplement l’envie de peindre, j’ai comme des fourmis au bout des doigts. Il faut que je prenne une toile, un couteau, mes couleurs et je peu enchaîner toile sur toile pendant des semaines. Tant que je ne suis pas allé au bout  de l’endroit qui m’inspire, j’y reviens jusqu’à m’en ecoeurer parfois.

Mais encore aujourd’hui il y a des paysages dont je n’arrive pas à me rassasier. C’est le cas de ces fameuses Îles de Corneguerre, ce sont mes « montagnes Sainte-Victoire » à moi J’y suis dans mon élément comme un poisson dans l’eau. C’est le cas de le dire. Lorsque j’y accompagne l’été mes enfants qui s’y baignent, je peu facilement peindre deux grands formats. Et cela maintenant depuis trois ans, comme si une énergie particulière me transformait à cet endroit. Une force bienfaisante, qui m’aiderait à faire de belles oeuvres  Depuis mes premiers travaux à l’acrylique, jusqu’aux huiles d’aujourd’hui la même passion pour ces reflets dans la Dronne, les verts ou les ocres des arbres au grès des saisons.

Le bien être que j’y ressent vient aussi du fait qu’année après année j’y retrouve les mêmes personnes, les mêmes amis. Ma peinture change, mais les amis restent, et c’est rassurant  dans un sens comme dans l’autre.

Après tout, on a tous une petite madeleine au fond de soi et quoi qui se passe on tend à retrouver cette sensation merveilleusement douce d’un moment pour l’éternité. Quelque fois devant moi se baigne les enfants d’amis et j’ai plaisir à immortaliser ce moment, même si personne ne peu savoir qui sont ces bambins, moi je le sait et bien des années après quand ils sont en ages de comprendre je leur dit vous voyez c’était vous là, mais chut ne le répétaient pas c’est un secret.

Souvent la peinture est comme la partie visible d’un iceberg, si l’on prend le temps d’imaginer de ce qu’il y  a pu se passer une seconde avant , une seconde après le spectateur pourra s’approprier la toile d’une façon unique et n’appartenir qu’à lui seule Souvent j’aime à penser une fois peins mes toiles ne m’appartiennent plus, elles sont comme un voilier qui vogue au grès de l’imaginaire de ceux qui les regardent.

Oui je suis un peintre compulsif, car dès que quelqu’un me dit qu’il aime ce que je fais, je suis transporté de bonheur et j’ai envie de donner et de donner encore. Rendre les gens heureux, ou leur faire sentir que j’ai la même détresse au fond de leur âme , exprimer peu-être ce qu’il ressente au fond du coeur sans jamais avoir pu ou voulu le faire. Le peintre est un médium, il est avant tout le genre humain, sa signature au bas de l’oeuvre n’est pas bien importante. Car au fil des siècles ne restera peu-être que l’émotion d’un tout petit trait, d’un tout petit éclat de lumière… Impression soleil levant… C’est ce moment là que cherche, que je veux ressentir, un infime instant vite croqué  ou tout est dit ,ou tout est ressenti… C’est pourquoi je lâche prise dès les premiers coups de couteaux, ce n’est plus Philippe Debat qui peint, mais un autre, ou peu-être tout les autres. Je viens de me rendre compte qu’il y a beaucoup de « peu-être » et c’est tant mieux , je ne veux  jamais être sûr, comme çà je pourrais continuer à peindre à la recherche d’une vérité que par bonheur je ne trouverais jamais…