Archives de catégorie : compositions

Nature morte à la lampe…

Une lampe qui n’a pas servie depuis bien longtemps, elle me vies de ma maman. J’ai voulu dire qu’elle était celle qui toujours nous avait guidée. Trois pommes pour trois garçons et deux clémentines pour deux filles, notre fratrie. La boite à sucre bleue c’est peu-être mon père qui est au ciel…

Les racines d’un artiste …

J’aime peindre. Je suis toujours à la recherche d’inspiration nouvelle ou déjà usité. J’aime faire des série de tableaux sur le même motif. Je reviens régulièrement vers les mêmes endroits, des lieux qui m’ont attirés, une lumière particulière, ou tout simplement l’envie de peindre saison après saison le même coin. Sentir sa vie propre, en effet au fil des saisons la végétation et son cycle de vie me touche.

Souvent dans mon existence ce thème des « Quatre saisons » de Vivaldi m’est revenu en pleine figure. Que ce soit musicalement ou sur le terrain, joyeuses ou tristes ce sont des sensations liées au rythme séculier de celles-ci que je me suis construit important de la  construction . Originaire de la campagne périgordine, les travaux des champs rythmaient notre quotidien. Même si nous n’étions pas toujours là, école oblige, nous participions plus qu’occasionnellement aux  semis,récoltes, moissons et autres vendanges. Je dois bien l’avouer j’étais plus prompt à m’amuser qu’à ramasser les pommes de terre.

Mais aujourd’hui je me remémore souvent ces moments intense des moissons ou il ne fallait pas trop révasser pour vider les trémis de blé. Et encore pour ramasser les bottes de foin que l’on empilait sur les remorques. C’était dur pour moi, et souvent à contre coeur je participait à tout cela. Quel idiot j’étais, je ne me rendait pas compte que je vivais des moments très important que je retrouverais que très épisodiquement plus tard dans ma vie d’adulte

En effet à cette époque là ,  dans notre campagne périgordine  l’industrialisation de l’agriculture commençait tout juste et les fermes étaient à taille humaine. Ce qui engendrait qu’il y avait encore beaucoup d’entraide, beaucoup de liens, beaucoup de transmissions, beaucoup d’histoire, beaucoup de blagues, et donc de fou- rire…

Le meilleur était surement les vendanges, dans mon petit village de « la Sénédie » il y avait une petite dizaine de fermes tout au plus. Et pour les vendanges ce n’était pas chacun pour soit mais « tous ensemble, tous ensemble,tous, tous,tous ensemble… ». Quelles journées magnifiques, surtout lorsque l’automne était doux et chaud, Dans les rangs de vignes les discutions allaient bon train, les histoires d’antan ravivaient les souvenirs d’amis, de parents partis pour le grand voyage. C’était souvent avec beaucoup d’émotion que l’on racontait les anecdotes sur Gilbert, Emile, Roger, la Marthou, ou encore la Marissou. Des fois der larmes coulaient pudiquement sur les joues d’un grand gaillard…

C’est  à cet endroit que j’ai le plus entendu le « patois ». Je n’ai jamais su le parler, mais je le comprend très bien comme s’il avait été marqué dans mes gènes et qu’il faisait référence à quelque chose de maternelle très fort. J’aime à me souvenir des pépés qui discutaient avec l’accent du sud-ouest bien plus marqué lorsqu’il employait la langue d’oc que beaucoup voulaient erradiquer.

Après le labeur venait l’heure de se mettre à table, et là je peux vous dire qu’il avait ripaille. On sortait le meilleur car les vendanges étaient des jours de fêtes et de partages. La soupe fûmante aux  haricots et couennes, les pâtés de foie de canard  ou de cochon, les poulets aux cèpes et autres pommes de terre confites, les rôtis, les blanquettes, les civets et que sais-je encore?

On restait longtemps à table, on parlait beaucoup,  on rigolait énormément et aujourd’hui encore les vendanges sont un grand moment de partage car on ramasse les raisins à la main. Pour rien au monde je ne manquerais ce moment qui réuni les vieux, les enfants, les frères et soeurs, les pères, les mères, et ceux qui nous ont trop tôt quittés.

C’est pour cela que peindre sur le motif , quelque soit le temps , au rythme des saisons est pour moi un échange,un partage, un moment de communion avec tout ce qui fait mes racines…

Toujours remettre …

Voilà quinze jours que j’ai installé mon atelier d’hiver. J’ai peint une dizaine de compositions avec des fruits , du pain et une belle bouteille de Bourgogne.

Après un dessin sommaire au fusain je m’attaque à la toile aux couteaux et à l’huile.

J’avais envie de couleurs chaudes, la composition de deux poires et deux citrons n’était qu’un prétexte . En effet sur une grande toile de 80 cm sur 80 cm, ils ne tenaient pas beaucoup d’espace. Mais c’est ce que je voulais.

Ils étaient là, au centre et un peu excentré sur la droite pour le second citron. Dans un champ de lumière ocre- orangé qui me rappelle les couleurs de Cézanne dans ses tableaux de l’Estaque ou des carrières de BIbemus. Moi il y a 90 % d’ocre-orangé et 5 % de vert et les citrons en plus. J’en ai fait deux grandes toiles et trois petites. Je me suis gavé de soleil comme un canard gras de maïs.

Puis vînt dimanche, alors tout près de Mensignac je décida d’aller acheter une grosse tourte de quatre livres chez le fameux boulanger Boisseau. Une belle miche, avec une croûte magnifique couleur de sienne et de farine légèrement ocre. Une mie compacte prête à accueillir le bon pâté de foie gras de Mamie Yvonne sans en laisser la moitié par terre. Nom d’une pipe de la miche quoi, de celles que si tu la prend sur la tête il te faut trois aspirines rien que pour te rappeler ton nom!!!Bon je divague, mais ce pain ,on en mangerai moi je vous le dis.

Moi je vais commencer par le peindre, heureusement pour ma composition j’ai dû l le partager en deux . Ce qui nous fait deux belles miches en somme, le compte est bon. Un joli pain ,un poivron rouge,une poire et un citron seront les protagonistes de deux toiles de  taille moyenne. La première sera composé comme ceci; sur la gauche le pain avec juste devant lui le citron, puis la poire avec sa queue qui déborde un peu de la table avec son ombre porté, et un peu plus sur la droite et en retrait le poivron rouge très vif.

Le tout sur un fond gris que j’ai composé avec les couleurs primaires additionné de blanc. Je ne suis alors pas satisfait par ce fond, je souhaite qu’il soit plus lumineux et moins neutre. Je reprend une nouvelle toile refait au fusain la même composition et cette fois-ci je recherche une harmonie de gris,gris-bleu. Je ne suis fétichiste,mais je sens bien que ce gris-gris-bleu est bien plus convaincant qu’un simple gris-gris.

Puis vînt la grande toile de 80cm sur 80cm est là je ne suis pas que peu fier.

A la composition ci-dessus je rajoutai une belle grosse bouteille de bourgogne qui traînai sur le plan de travail de ma cuisine depuis des mois. Je ne l’avais point bu, mais récupérée  chez une amie, j’avais tout de suite senti qu’elle me servirait un jour ou une nuit…  Pas besoin de l’ivresse quand on le flacon, je peux vous l’assurer. Car une fois le tableau fini, la satisfaction du belle ouvrage, d’une composition réussie m’a été donné.

Je décidai alors d’arrêter momentanément les compositions et de revisiter mes nus au fusain avec de la gouache et du brou de noix, du Périgord biensûr…..;