Un peintre compulsif…

C’est surement vrai, quand le démon de la peinture me prend, ou tout simplement l’envie de peindre, j’ai comme des fourmis au bout des doigts. Il faut que je prenne une toile, un couteau, mes couleurs et je peu enchaîner toile sur toile pendant des semaines. Tant que je ne suis pas allé au bout  de l’endroit qui m’inspire, j’y reviens jusqu’à m’en ecoeurer parfois.

Mais encore aujourd’hui il y a des paysages dont je n’arrive pas à me rassasier. C’est le cas de ces fameuses Îles de Corneguerre, ce sont mes « montagnes Sainte-Victoire » à moi J’y suis dans mon élément comme un poisson dans l’eau. C’est le cas de le dire. Lorsque j’y accompagne l’été mes enfants qui s’y baignent, je peu facilement peindre deux grands formats. Et cela maintenant depuis trois ans, comme si une énergie particulière me transformait à cet endroit. Une force bienfaisante, qui m’aiderait à faire de belles oeuvres  Depuis mes premiers travaux à l’acrylique, jusqu’aux huiles d’aujourd’hui la même passion pour ces reflets dans la Dronne, les verts ou les ocres des arbres au grès des saisons.

Le bien être que j’y ressent vient aussi du fait qu’année après année j’y retrouve les mêmes personnes, les mêmes amis. Ma peinture change, mais les amis restent, et c’est rassurant  dans un sens comme dans l’autre.

Après tout, on a tous une petite madeleine au fond de soi et quoi qui se passe on tend à retrouver cette sensation merveilleusement douce d’un moment pour l’éternité. Quelque fois devant moi se baigne les enfants d’amis et j’ai plaisir à immortaliser ce moment, même si personne ne peu savoir qui sont ces bambins, moi je le sait et bien des années après quand ils sont en ages de comprendre je leur dit vous voyez c’était vous là, mais chut ne le répétaient pas c’est un secret.

Souvent la peinture est comme la partie visible d’un iceberg, si l’on prend le temps d’imaginer de ce qu’il y  a pu se passer une seconde avant , une seconde après le spectateur pourra s’approprier la toile d’une façon unique et n’appartenir qu’à lui seule Souvent j’aime à penser une fois peins mes toiles ne m’appartiennent plus, elles sont comme un voilier qui vogue au grès de l’imaginaire de ceux qui les regardent.

Oui je suis un peintre compulsif, car dès que quelqu’un me dit qu’il aime ce que je fais, je suis transporté de bonheur et j’ai envie de donner et de donner encore. Rendre les gens heureux, ou leur faire sentir que j’ai la même détresse au fond de leur âme , exprimer peu-être ce qu’il ressente au fond du coeur sans jamais avoir pu ou voulu le faire. Le peintre est un médium, il est avant tout le genre humain, sa signature au bas de l’oeuvre n’est pas bien importante. Car au fil des siècles ne restera peu-être que l’émotion d’un tout petit trait, d’un tout petit éclat de lumière… Impression soleil levant… C’est ce moment là que cherche, que je veux ressentir, un infime instant vite croqué  ou tout est dit ,ou tout est ressenti… C’est pourquoi je lâche prise dès les premiers coups de couteaux, ce n’est plus Philippe Debat qui peint, mais un autre, ou peu-être tout les autres. Je viens de me rendre compte qu’il y a beaucoup de « peu-être » et c’est tant mieux , je ne veux  jamais être sûr, comme çà je pourrais continuer à peindre à la recherche d’une vérité que par bonheur je ne trouverais jamais…

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