Doutes et remise en question d’un artiste peintre ..

Un artiste n’a pas le droit de se satisfaire de ce qu’il a produit et doit se remettre en question constamment. C’est a ce prix qu’il aura peu-être un jour la satisfaction du chemin accompli, mais « hélas » pas celle du travail .

Jamais satisfait, toujours à la recherche du geste parfait, de la lumière unique, c’est pour moi aujourd’hui le ressentiment que j’ai, qui fait qu’un artiste est un artiste. Tout au long du chemin il apprendra, ce nourrira de son art.

L’honnêteté et le travail paient un jour ou l’autre, si ce n’ai en valeur sonnante et trébuchante, il est toujours très gratifiant de voir évoluer son travail vers des choses insoupçonnées jusqu’alors.

Pas satisfait  par le cadrage, par les couleurs, ou les deux; il n’en reste pas moins que l’émotion est toujours là présente dans mon esprit. Et je vais bientôt me rendre compte en copiant « l’église de Montagrier » , tranquille dans mon atelier, que j’ai gardé au fond de moi les principales émotions qui ont fais que ce paysage m’ai inspiré.

J’ai ressenti quelque chose d’étrange, comme si mon cerveau avait fait la synthèse de la première oeuvre. Il a supprimé, ajouté, recadré, trouvé les couleurs,harmoniser en somme.

Il y a quelques mois déjà j’avais essayé le même procédé.Mais sans y croire vraiment. Je pensais alors qu’il était plus « vrai » de peindre alla-prima. Il faut dire aussi que ma peinture était très expressionniste, il s’en dégageait beaucoup de rage. J’avais besoin d’expulser toute cette détresse en moi. La peinture n’était alors pour moi seulement le moyen d’exprimer mon mal être.

Aujourd’hui j’ai envie de revenir calmement sur certaines toiles que je n’ai pas su mettre en valeur. Rendre à la nature si belle et bienveillante la place qui lui revient dans mes tableaux.

Une semaine plus tard, je me rend compte qu’il était temps de me poser et de regarder mes tableaux d’un oeil critique. Ils ont la fougue et la spontanéité,sûrement ce qui est le plus important. Mais lorsque j’y reviens, il me manque aussi la paix  intérieure que je ressens après ce moment d’exaltation extrême.

Du coup je me décide à passer l’hiver au chaud dans mon petit atelier. Une nature morte me tend les bras. En effet deux poteries Roumaine, un vase et un pichet découvertes chez une amie, des citrons, des poires, un poivron,un énorme oignon, et un petit sachet de lavande seront le sujet de ma nouvelle composition. Je n’aime pas trop le terme « nature morte », je lui préfère l’anglais « still life ».

La composition m’a pris une petite demi-heure. Lorsque j’ai trouvé le point d’équilibre de celle_ci je passe au dessin au fusain. En général il me faut une heure pour faire le croquis, je détaille juste ce qu’il faut. Je n’avance jamais trop le dessin, c’est juste le squelette sur lequel viendra se fixer les couleurs.

Il ne faut pas que celui-ci soit trop précis, car il faut que l’imaginaire, la poésie viennent ajouter leur grain de sel ou de folie parfois. Je ne fait pas du coloriage, de toute façon je suis un adepte de l’école buissonnière.

 

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